Trek en refuges dans la Vanoise
Naturescanner a pu participer à un trek en refuges dans la Vanoise proposé par une organisation hollandaise. Le trekking en Vanoise est un trek de refuges en refuges destiné au randonneur en montagne débutant ou à ceux pour qui cela ne doit pas être trop intense.

Avec un petit groupe de 9 personnes maximum, nous avons cheminé de refuge en refuge sous la conduite d'un guide de randonnée en montagne qualifié. Le guide et les refuges en demi-pension étaient organisés pour nous. La seule chose qu'il restait à faire était d'arriver sur le lieu de destination et, bien entendu, de disposer d'un bon équipement.
Randonnée dans la Vanoise
Le Parc national de la Vanoise est un parc national des Alpes françaises, à la frontière avec l'Italie. C'est le premier parc national de France, créé en 1963. Le statut de parc national garantit qu'aucune piste de ski ne peut y être aménagée. Ainsi, les bouquetins, les chamois et les marmottes des Alpes y mènent une existence paisible. Des aigles royaux et des vautours fauves y vivent, et plusieurs couples de gypaètes barbus y nichent également.
Des dizaines de refuges sont disséminés dans tout le parc. Les refuges sont gérés par Refuge du Parc national, Refuge FFCAM ou sont exploités de manière privée. Le trek en refuges du Parc national de la Vanoise traverse la partie la plus méridionale du parc.
Le trek de refuge en refuge
Le trek dans la Vanoise est une randonnée circulaire de 5 jours avec 4 nuitées en refuges de montagne. Les 2 dernières nuits, on séjourne dans le même refuge. Pourquoi ? Vous le découvrirez dans la description du jour 4. Le trek débute aux lacs de barrage d'Aussois, un petit village du sud du parc.
Sur le parking, nous rencontrons tout le groupe de voyage. Nous sommes 10 au total, guide de randonnée en montagne inclus. C'est ici que nous laissons également la voiture et que nous reviendrons 5 jours plus tard.

Jour 1 : Du lac de barrage du Plan d'Aval au Refuge de l'Orgère
Depuis le parking (à 2 085 m), le sentier longe le côté ouest du lac de barrage du Plan d'Aval en direction du sud. Après le lac, au bout d'un ou deux kilomètres, suit une montée raide mais pas trop longue de 300 mètres de dénivelé. Un bon début pour se mettre en jambe.
On est ici au-dessus de la limite des arbres, et l'itinéraire rejoint le sentier qui fait partie du GR5. Depuis le Col du Barbier, on a une vue sur Aussois et Modane dans la vallée de la Maurienne. Le point de vue situé " hors-piste ", accessible par un court sentier latéral, offre une magnifique vue sur Modane et les collines surmontées des imposants forts défensifs de l'Esseillon.

Il reste ensuite environ deux kilomètres de marche au-dessus de la limite des arbres sur le Balcon du Barbier avant d'entamer à nouveau la descente. Après 400 mètres de descente à travers les forêts, on atteint le point le plus bas de ce trek (1 930 m). De là, il ne reste plus qu'une marche facile de 1,5 km, sans trop de dénivelé, jusqu'à la destination de la première journée.
Depuis une magnifique vallée verdoyante, on contemple les sommets escarpés de la Vanoise et bientôt apparaît le refuge de montagne. Le Refuge de l'Orgère se situe à 1 935 m et les environs sont splendides : dans les prairies à côté du refuge, des moutons et des ânes paissent. Ce qui déçoit un peu, en revanche, c'est le parking rempli de voitures à côté du refuge ; on peut donc aussi tout simplement y venir en voiture.

Après une boisson sur la terrasse extérieure, on peut s'installer dans la chambre. Les chambres avec lits superposés offrent de la place pour 8 personnes ; la douche et les toilettes sont partagées avec tout le refuge. À 19 heures, on dîne tous ensemble avec toutes les personnes qui passent la nuit au refuge. Dans tous les refuges, un menu de 4 plats est systématiquement servi : d'abord une soupe, ensuite un plat principal, puis un plateau de fromages locaux et enfin un dessert.
Au total, l'itinéraire de la première journée compte 9,2 km avec 440 m de montée et 580 m de descente.
Jour 2: Du Refuge de l'Orgère au Refuge de Péclet Polset
Le deuxième jour, le trek se dirige vers le nord, en direction du Refuge de Péclet Polset. Le seul obstacle qui sépare les 2 refuges est le Col de Chavière, qu'il faut franchir.
Pour randonner vers le refuge suivant en passant par le col, il faut d'abord bien grimper. Cela commence directement par une montée soutenue à travers forêts et buissons. À 2 500 mètres, le sentier redevient plus progressif et on marche entre des prairies parsemées de blocs rocheux. On s'y sent vraiment comme au milieu de nulle part, avec les sommets gris tout autour.

Juste avant l'ascension du col, on peut prendre le temps de déjeuner pour repartir ensuite plein d'énergie. Pendant ce temps, notre guide a pris le temps de faire quelques exercices de marche sur des rochers et dans des champs de pierres avec les participants les moins expérimentés.
Après le déjeuner, on rejoint une partie de l'itinéraire du GR55 et on entame l'ascension. Le Col de Chavière se situe à 2 796 m, le point culminant de la journée ; à partir de là, il n'y a plus que de la descente. Le col offre un passage entre les hauts sommets de plus de 3 300 m et relie Modane à Pralognan-la-Vanoise. Depuis le col, on a une vue sur des sommets lointains, dont le Mont Blanc.
Pendant la descente, le sentier passe sur des pierres et des éboulis. Ce qui frappe, c'est la diversité des couleurs des roches. Avant le col, les montagnes et les rochers étaient principalement gris ; ici, soudain, toutes sortes de couleurs : bleu-noir, gris, blanc et orange.

À un moment donné, elles sont complètement mélangées ; en d'autres endroits, elles sont triées en de belles lignes. Après la descente, on tombe sur un champ où des centaines de cairns ont été érigés. Ici, chacun peut s'exercer à en construire. On y voit les créations les plus farfelues, et certains ont joliment exploité les différentes couleurs.
2,5 km après le col, on atteint le Refuge de Péclet Polset à 2 479 m. Depuis le refuge, on peut encore faire une belle courte randonnée vers le Lac Blanc de couleur turquoise. Au lac, on a de grandes chances de rencontrer des chamois.
De refuge en refuge, la marche compte 9,4 km, avec 870 m de montée et 330 m de descente.
Jour 3 : Du Refuge de Péclet Polset au Refuge du Fond d'Aussois
Le troisième jour de randonnée est le plus long du trek. Pour aller du Refuge de Péclet Polset au Refuge du Fond d'Aussois, on fait un joli détour par la ferme fromagère de Ritord. La journée commence par une belle descente. Pendant 4,5 km de marche, on descend 500 m. Depuis la ferme fromagère, l'itinéraire vire vers le sud-est et commence la montée de 900 mètres de dénivelé vers le Col d'Aussois (2 914 m).

Ceux qui ont encore suffisamment d'énergie, peuvent faire depuis le col une courte randonnée vers la Pointe de l'Observatoire (3 015 m). Au sommet, on jette d'un côté un regard en arrière sur le Refuge de Péclet Polset, et de l'autre, on aperçoit bien en bas le lac de barrage où la voiture est garée.

Par le même sentier, redescente au col, puis poursuite de l'itinéraire de randonnée. En 3 km sur des sentiers rocheux, on descend 550 m et on arrive au Refuge du Fond d'Aussois (2 330 m). Le refuge se trouve dans un emplacement magnifique : on dort dans une verte vallée alpine où serpente un ruisseau et où paissent des vaches. Et tout cela est entouré de rochers montagneux escarpés ; d'ici, il est difficile d'imaginer que demain, le trek remontera haut dans les montagnes.
Le jour 3, parcours de 12,5 km, avec 1 010 m de montée et 1 110 m de descente.
Jour 4: Le Rateau d'Aussois
Le quatrième jour, un véritable sommet nous attend, littéralement le point culminant du trek. La randonnée mène au Rateau d'Aussois, un sommet à 3 131 m. On part du refuge et on y revient également à la fin de la journée. C'est pourquoi une grande partie des bagages peut être laissée dans la chambre.
Avec un sac à dos léger, contenant uniquement le strict nécessaire, commence la randonnée le long du flanc de la montagne. Après 2,5 km sans beaucoup de dénivelé, le sentier s'élève à l'assaut de la montagne. Après un passage exigeant, on débouche 500 mètres plus haut au Col de la Masse. De là, la vue très belle sur le sentier parcouru aux jours 1 et 2.

Vers le sud, on a fait face à une montagne parsemée de gros blocs rocheux. Au-dessus se trouve le sommet notre destination. Le sentier est presque invisible, mais les cairns marquent l'itinéraire que l'on suit de rocher en rocher. Çà et là, il faut vraiment escalader, mais après 200 mètres de montée, arrivée au sommet.
La vue est magnifique : au nord, les sommets du reste de la Vanoise, et au sud, à nouveau la vallée de la Maurienne. Par temps clair, on peut y apercevoir le Mont Blanc, et même les Tre Cime dans les Dolomites.
Après avoir savouré le sommet, descente par le même chemin. On est passé par une petite zone où l'on se croirait un instant dans l'ouest des États-Unis. Les rochers y sont d'un orange éclatant en raison de l'oxyde de fer. Le vent et les intempéries y ont laissé leurs traces, et cela ressemble vraiment à un petit canyon.

De retour au refuge, environ 10,5 km ont été effectué avec quelque 830 mètres de dénivelé.
Jour 5 : Du Refuge du Fond d'Aussois au Plan d'Aval
Après 4 nuits en montagne, descente vers le point de départ où se trouve la voiture. Le trajet du retour n'est pas long : seulement 5,5 km et 500 m de descente via le Refuge de la Dent Parrachée. Ce magnifique refuge se trouve à mi-parcours de l'itinéraire et on peut encore y savourer un en-cas ou une boisson. Ceux qui ont encore envie de marcher peuvent se rendre depuis là au Lac du Génépy, presque 5 km aller-retour avec 350 mètres de dénivelé.
Au total, le parcours est d'environ 50 km avec quelque 3 400 mètres de dénivelé.
Randonnée dans la Vanoise
Si, à la lecture de ce récit, vous avez maintenant envie de randonner vous-même dans la Vanoise, consultez nos conseils sur la page générale de la Vanoise.

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